L’impact du réchauffement climatique sur la vie du renard arctique

1. L’alimentation du renard arctique

Le renard arctique se nourrit principalement de petits rongeurs. Seulement cinq à dix pourcent de son alimentation estivale est composée d’oiseaux, d’œufs et de baies.

Au printemps, les bernaches du Canada se regroupent pour débuter leur période d’accouplement. La vue de ces gros oiseaux attire les renards, qui n’hésitent pas à les traquer. Mais s’attaquer à un oiseau pesant deux fois son poids n’est pas une mince affaire : le renard échoue la plupart du temps et doit alors se diriger vers une autre source de nourriture, comme des viandes enterrées par des trappeurs inuits, par exemple.

En hiver, le renard affamé se nourrit de carcasses abandonnées, généralement par des loups, et de la nourriture qu’il a préalablement cachée durant l’été. Les renards vivant au large des côtes dévorent aussi de petits animaux marins, de poissons et de carcasses échouées sur les rives. Ils peuvent même s’aventurer sur la glace durant l’hiver afin de suivre les ours polaires pour se repaitre des restes de leurs repas.

Il se peut également que le renard polaire parte à la recherche de refuges de phoques pour s’en prendre aux petits. (Oooooh… Non pas oooh ! On est du côté des renards ici.)

2. Les prédateurs du renard arctique

2.1. Les prédateurs naturels

En dehors des humains (oui, encore nous), le renard arctique a peu de prédateurs. Il arrive que des loups dévorent des renards pris dans un piège ou s’ils parviennent à les attraper, mais ils ne sont pas au menu en temps normal.

Les aigles royaux, les grizzlys et les loups de la toundra d’Alaska, capables de creuser les tanières des renards pour faire fuir les occupants, sont, quant à eux, une réelle menace pour les petits renardeaux.

2.2. Le réchauffement climatique : ennemi numéro 1

a) Le renard roux

Le renard arctique a longtemps été traqué, chassé et élevé pour sa magnifique fourrure jusqu’au début du XXe siècle. Aujourd’hui, l’espèce est bien plus menacée par le réchauffement climatique et par son cousin : le renard roux.

Le renard roux (Vulpes vulpes), qui a peu à peu étendu son territoire sur les terres de l’Arctique canadien durant le XXe siècle, est désormais considéré comme une menace pour le renard arctique (Alopex Lagopus).

En temps normal, le renard roux vit dans les forêts et zones tempérées, mais le réchauffement climatique, ainsi que la disparition de son prédateur naturel qu’est le loup, l’a poussé à remonter vers le Nord, sur le territoire du renard arctique. L’Alopex et le Vulpes entrent alors en confrontation pour les tanières et les zones de chasse. Mais l’espèce polaire a peu de chance de remporter la victoire. En effet, son cousin roux dispose d’un avantage non négligeable : il est deux fois plus imposant que le renard arctique. Pour survivre dans ce territoire hostile, le renard roux se bat avec le renard polaire, tue ses petits et s’empare de ses tanières, obligeant l’ancien propriétaire à fuir les lieux.

Le déplacement des animaux, dont le renard roux, vers le Nord inquiète les scientifiques : lorsque les températures augmentent, dû au réchauffement climatique, les animaux migrent et sont contraints de s’adapter à leur nouvel environnement à une vitesse éclaire, alors qu’ils auraient besoin en réalité de plusieurs centaines de milliers d’années. Mais s’ils veulent survivre, ils doivent faire vite.

Le réchauffement climatique oblige le renard roux, ainsi que d’autres espèces des zones tempérées, à migrer vers les terres du renard polaire et piller sa nourriture s’il souhaite survivre dans ce paysage inconnu.

b) Le manque de nourriture

En 2017, des scientifiques de l’Université de Manitoba ont démontré que la baisse importante de la population des renards arctiques est liée à la baisse de la couverture neigeuse et à la formation tardive des glaces.

La neige est un élément important pour le renard arctique : les lemmings, proies principales de ces renards, utilisent la neige en hiver comme isolant thermique. Si la qualité et la quantité de neige diminue, les lemmings ne parviennent pas à se reproduire et à survivre. Cette perte de population des lemmings entraîne la famine chez les renards polaires, qui ne parviennent plus à nourrir leurs portées.

Image d’un pauvre lemming sans femelle pour s’accoupler

Ce manque de nourriture épuise les renards : chaque année, de moins en moins d’individus se reproduisent et les couples peinent à nourrir leurs renardeaux. Ces parents, qui se trouvent dans l’incapacité de nourrir l’entièreté de la portée, abandonnent leurs tanières, laissant les petits mourir de faim. Exténués par le manque de nourriture, certains couples en viennent même à s’entre-tuer.

3. Les espèces photogéniques : bonne ou mauvaise idée ?

Les espèces photogéniques désignent des animaux sensibles aux effets chimiques de la lumière. Ces espèces troquent leur fourrure brune d’été pour une fourrure d’un blanc immaculé en hiver afin de faciliter la chasse et se protéger des prédateurs et du grand froid. La survie des animaux photogéniques dépend entièrement de leur fourrure, conditionnée pour correspondre à la durée de l’enneigement hivernal. Le changement de couleur du brun vers le blanc se déclenche lorsque les journées deviennent plus courtes.

Le problème est que, à cause du réchauffement climatique, la neige fond de plus en plus vite et est moins présente sur les territoires des animaux blancs d’hiver. Cependant, ces espèces continuent de subir des mues saisonnières de leur pelage, causées par la photopériode. Leur fourrure passe donc du brun au blanc alors que la neige n’est pas présente sur le sol.

Cette incohérence de la couleur du pelage avec le paysage entraine un déclin important de populations : les prédateurs blancs, comme le renard polaire, sont bien trop visibles pour chasser. À l’opposé, et comme vous pouvez le constater sur la photographie ci-dessus, des proies comme le lièvre d’Amérique ne peuvent plus passer inaperçues.

Une étude menée par l’Université du Montana a démontré que les lièvres d’Amérique « mal assortis », terme désignant les congénères à fourrure blanche sur sol brun (ou à fourrure brune sur un sol enneigé), ont plus de chances d’être tués par des prédateurs que leurs compagnons assortis au paysage. De plus, cette même étude a prouvé que ces lièvres n’ont pas conscience d’être tant visibles et ne tentent donc pas de se cacher de leurs ennemis (‘sont un peu bêtos les lièvres d’Amérique).

Dans les régions mixtes, là où cohabitent des animaux photogéniques et leurs congénères non photogéniques, des chercheurs ont découvert que les espèces photogéniques font le choix d’abandonner le changement de manteau pour adopter le brun toute l’année. La neige disparaissant peu à peu de ces régions, il semblerait que la permanence de la fourrure brune soit la meilleure des idées pour se camoufler des prédateurs.

Cette étude démontre que les animaux peuvent faire le choix judicieux d’abandonner plusieurs milliers d’années d’évolution afin de s’adapter rapidement au changement climatique et, de ce fait, survivre dans un monde qui change bien trop vite.

4. La Note de Romy

Ce nouvel article est terminé !

Désolée d’avoir pris tant de temps pour le publier ! J’étais très occupée ces derniers temps… Entre les cours d’ASV, le permis de conduire et les posts de secourismes sur Instagram (@voix_de_renard, allez y faire un tour 😉 ), je n’avais plus beaucoup de temps pour sortir un nouvel article. Mais c’est désormais chose faite !

Je prends actuellement un maximum de notes pour vous écrire des articles sur l’anatomie animale, j’espère que vous serez au rendez-vous 😀

On se retrouve très vite (c’est promis) sur Voix de Renard !

Romy

5. Bibliographie

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