Le Renard Arctique (Alopex Lagopus)

Tu commences à me connaître au fil du temps et tu sais que le renard, qu’il soit blanc ou roux, tient une place importante dans mon cœur. C’est pourquoi j’aimerais te faire découvrir à travers cet article le renard arctique, appelé aussi renard bleu, renard blanc, renard polaire, isatis…. (il adore les surnoms celui-ci). Ce mammifère carnivore est un animal intelligent, rusé, qui sait tirer avantage de sa petite taille et possède une capacité d’adaptation hors norme.

Je t’en dis plus sur cette magnifique boule de poils qu’est l’Alopex Lagopus dans cette première partie.

Comme toujours, une conclusion est disponible en fin d’article pour les plus impatients 😉

Bonne lecture !

1. Le renard arctique : Vulpes ou Alopex ?

Avant de plonger dans la vie du renard arctique, il est important de commencer par faire un point sur la distinction entre deux termes : Vulpes et Alopex. Comme tu le sais peut-être déjà, lorsque l’on parle du renard, on utilise le taxon Vulpes :

  • Renard Roux : Vulpes Vulpes
  • Renard du Tibet : Vulpes Ferrilata
  • Renard du Bengale : Vulpes Bengalensis

Mais lorsqu’il s’agit du renard arctique, la règle ne s’applique pas. En effet, le taxon du renard polaire n’est pas Vulpes mais Alopex et plus précisément Alopex Lagopus. Mais pour quelle raison ? Eh bien, c’est très simple : le taxon est une entité permettant de regrouper des organismes vivants possédant certaines caractéristiques clairement établies. Par exemple, le renard roux, le renard du Tibet et le renard du Bengale possèdent des caractéristiques semblables et sont donc regroupés sous le même taxon « Vulpes » .

Bien que le renard arctique fasse partie de la même famille que les renards cités précédemment, la famille des canidés, l’Isatis possède suffisamment de caractéristiques qui le différencie de la catégorie Vulpes tel que des différences au niveau de la dentition, de la taille du corps ou du crâne, … C’est pour cette raison que le renard arctique occupe sa propre catégorie et possède donc son propre taxon : Alopex.

Crâne d’Alopex Lagopus – Crâne de Vulpes Vulpes (auteur : Pavel Zuber)

2. Son habitat

Le territoire du renard arctique s’étend sur les régions polaires où la toundra, un type de végétations situé dans les aires climatiques froides ou montagnardes, a su se frayer un chemin : Islande, Russie, Scandinavie, Alaska, Canada, … font partie des pays où ce biome terrestre a pu se développer.

Les populations de renards arctiques se répartissent principalement au nord du Canada, sur les terres du Groenland à la Russie en passant par l’Islande, la Suède et la Norvège.

3. Ses caractéristiques

3.1. Taille et poids

Le renard arctique mesure entre 75 cm et 115 cm de long (avec la queue, qui représente environ 30% de la longueur de l’animal), environ 30 cm de haut et pèse entre 2.5 kg et 9 kg. Ces caractéristiques physiques font du renard arctique le plus petit canidé du Canada et des zones polaires.

3.2. Fourrure

Le pelage du renard arctique est très épais et blanc en hiver et prend des teintes brunes et noires dès le mois de mai, lorsque les températures remontent. Dès que les journées s’allongent, le dos, la queue et les pattes deviennent brun foncé tandis que le ventre et les flancs prennent des couleurs tirant vers le beige. Ce manteau, bien plus léger que la version hivernale, lui permet de se camoufler à la perfection dans la toundra, dépourvue de neige à cette période de l’année.

Certains renards arctiques ont une fourrure de couleur gris-bleu en hiver. Ce coloris bleu est observable chez toutes les populations de mammifères, mais la proportion est plus importante chez les animaux vivant dans des régions côtières, où la glace se fait rare.

Qu’elle soit bleue ou blanche, sa fourrure lui permet de résister aux températures extrêmes de l’Arctique, qui peuvent descendre jusqu’à -50° C. La fourrure de sa queue lui sert de couverture pour protéger son museau et maintenir la température de son corps lorsqu’il dort. Le dessous de ses pattes est recouvert de poils afin d’assurer les longues distances que l’animal peut parcourir lorsqu’il est en quête de nourriture.

3.3. Cri

Tous les renards, sans distinctions, possèdent une panoplie de cris différents qu’ils utilisent en fonction de la situation :

  • Cris d’approche : lorsque deux renards se rapprochent l’un de l’autre, ils glapissent (sorte d’aboiement) afin de se saluer. Plus les individus réduisent la distance entre eux et plus les glapissements seront aigus et rapides, évoquant les gloussements d’une poule.
  • Cris de contact : petits chuintements émis par deux individus lors d’une première rencontre. Plus les sons sont aigus, plus l’individu est soumis.
  • Cris de conflit : aboiement aigu, rauque et sonore, appelé jappement, émis entre deux mâles lorsqu’ils sont en compétition pour une femelle.
  • Cris d’appel : long cri aigu (waaaaah) émit par la femelle en chaleur pour informer les mâles des environs de sa présence.
  • Cris d’alerte : cri rauque et bref émis par un individu se sentant menacé afin d’avertir les renardeaux et les congénères d’un danger imminent.

De nombreuses autres vocalisations sont utilisées en fonction de la situation. Par exemple, les renardes utilisent toute une gamme de cris divers et variés pour communiquer avec leurs petits.

Voici un extrait des différents cris que nous venons d’aborder :

Cet extrait provient du site Axiomcafe.fr

4. La reproduction

4.1. L’accouplement

La saison de reproduction des renards arctiques a lieu entre le mois de mars et le mois d’avril. Ces animaux restent généralement avec le même compagnon d’année en année et sont prêt à parcourir de grandes distances pour se retrouver.

Vers le début du printemps, les deux individus se rejoignent sur la toundra afin de débuter une longue période de jeux et de séduction qui se conclura par l’accouplement. La gestation dure entre 51 et 57 jours, durée pendant laquelle le couple restera ensemble et partira en quête d’une tanière pour élever les renardeaux.

4.2. La tanière

Ces tanières sont généralement creusées au sommet de crêtes ou sur la partie supérieure des berges de lacs et de rivières. Les bons abris étant rares, il arrive que plusieurs générations de renards abritent une même tanière. Certaines sont anciennes de plus de 300 ans et comporter 100 entrées différentes !

Afin de préparer l’abri à l’arrivée des petits, le mâle et la femelle participent ensemble au nettoyage, à l’entretien et à la création de nouvelles entrées et galeries.

4.3. Les renardeaux

Entre la fin du mois de mai et le début du mois de juin, la femelle donne naissance en moyenne à onze renardeaux, ce qui équivaut à la plus importante portée des mammifères sauvage du monde. Une portée de 22 renardeaux a déjà été recensée en Russie !

À la naissance, les petits sont aveugles et pèsent environ 50 grammes.

4.4. Le rôle du mâle

À partir du moment où la femelle entre dans la tanière, prête à donner naissance, jusqu’au sevrage des renardeaux, soit vers cinq ou six semaines, le père chasse seul afin de procurer à sa femelle l’énergie dont elle a besoin pour nourrir et soigner leurs petits.

Lorsque les renardeaux sont sevrés, la femelle reprend peu à peu ses activités de chasse avec son mâle jusqu’à rapporter plus de la moitié des rations de nourriture destinées aux petits. Le mâle continue tout de même à ramener des proies jusqu’à 15 semaines après la naissance de la portée, soit lorsque les petits commencent à sortir seuls de la tanière (on applaudit Papa Renard).

Les rations quotidiennes de nourriture dont les renardeaux ont besoin pour se développer correctement forcent les parents à traquer des proies constamment. On estime qu’une portée de onze renardeaux réclament un équivalent de 30 petits rongeurs par jour, à eux seuls.

5. Conclusion

Le renard arctique est un mammifère carnivore de la famille des canidés et du genre Alopex.

Le Territoire :

Le territoire du renard arctique s’étend du nord du Canada au nord de la Russie en passant par le Groenland, la Norvège et la Suède.

Les caractéristiques physiques :

  1. Taille : 75 cm à 115 cm de long et 30 cm de haut
  2. Poids : entre 2.5 kg et 9 kg.
  3. Ces mensurations font du renard polaire le plus petit des canidés de l’Arctique et du Nord du Canada.

Le pelage :

  1. Sa fourrure est brun-noir en été et devient blanche en seulement quelques jours, lorsque l’hiver arrive.
  2. Son épais manteau blanc lui permet de se camoufler dans les paysages enneigés et de rester au chaud même lorsque les températures extérieures descendent à -50° C.

L’accouplement :

  1. Les renards arctiques s’accouplent entre le mois de mars et le mois d’avril.
  2. La gestation dure entre 51 et 57 jours.

Les renardeaux :

  1. Les petits renardeaux naissent entre fin mai et début juin.
  2. Une portée compte en moyenne 11 renardeaux qui, à la naissance, sont aveugles, nus et pèsent 50 grammes.
  3. Les renardeaux sont sevrés de 5 à 6 semaines.
  4. Ils sortent de la tanière à partir de 15 semaines.
  5. Le mâle reste au côté de sa femelle tout au long de la gestation et jusqu’à ce que les petits deviennent autonomes.

La tanière :

  1. Les tanières des renards arctiques sont creusées de sorte à posséder de nombreux tunnels et mènent vers de nombreuses sorties.
  2. Les meilleures d’entre elles abritent plusieurs générations de renards et peuvent être vieilles de plus de 300 ans.
  3. Les plus grandes tanières peuvent comporter 100 entrées différentes.

6. La Note de Romy

Cette introduction sur le renard arctique est à présent terminée !

J’ai encore beaucoup de choses à vous partager sur ce sujet, mais l’article aurait été interminable si je ne scindais pas la matière en deux. On se retrouve donc très vite pour une deuxième partie qui traitera de l’alimentation de ce renard et de l’impact du réchauffement climatique sur cette espèce (spoil : c’est pas joli-joli).

J’espère que l’article t’a plu et que tu seras au rendez-vous pour le suivant ! 😉

Romy

Bonus : un renard arctique s’entraînant à planer au-dessus des rageux.

7. Bibliographie

Ouvrage bibliographique

  • Ballesio R., Le gisement pléistocène supérieur de Jaurens à Nespouls, Corrèze, France : Les carnivores (Mammalia, Carnivora). I : Canidae et Hyaenidae. Disponible en format PDF

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