Le blanchissement des coraux

Salut à toi, voyageur !

J’aimerais te parler aujourd’hui d’un sujet intéressant, mais surtout très important : les coraux et le phénomène de blanchissement.

L’idée d’écrire sur ce sujet n’est pas très étonnant : on en parle partout et tout le temps. Le blanchissement des coraux est un événement inquiétant qui mérite que l’on s’attarde sur ce sujet.

Tu découvriras dans cet article ce qu’est un corail, quelle est son utilité, comment se reproduit-il, et enfin, ce qu’est le blanchissement des coraux.

J’espère que ce sujet te plaira et, comme toujours, une conclusion est disponible en fin de page pour t’aider à mieux comprendre le sujet ou si tu n’as pas le temps de tout lire (mais lis-le en entier stp).

1. Qu’est-ce qu’un corail ?

1.1. Les différents types de coraux

Le corail est un animal pluricellulaire de l’embranchement des Cnidaires formé de polypes mesurant seulement quelques millimètres. Un polype est une forme sédentaire coloniale chez le corail dont l’extrémité inférieure est conçue pour s’accrocher à une surface. Il est constitué d’un corps cylindrique à double paroi entouré de tentacules et d’une cavité digestive.

Polypes du corail

On sépare généralement les coraux en deux catégories :  

  1. Les coraux hermatypiques

Ils vivent en symbiose avec des zooxanthelles, des micro-algues, qui nécessitent un apport en lumière et doivent donc vivre dans des eaux peu profondes.

2. Les coraux ahermatypiques

Ils ne vivent pas en symbiose avec des zooxanthelles et n’ont donc pas besoin de lumière. Ils vivent dans de très grandes profondeurs.

1.2. Le corail tropical

Le corail tropical, un corail hermatypique, vit dans les eaux du Pacifique ainsi que dans les eaux tropicales à moins de 40 mètres de profondeur et dans des températures comprises entre 19 °C et 36 °C. Étant un corail de type hermatypique, il vit donc en symbiose avec une micro-algue unicellulaire, appelée zooxanthelle, qui l’oblige à s’installer dans des eaux peu profondes afin de recevoir les rayons du Soleil.

La cohabitation avec cette algue est primordiale pour la survie du corail : en effet, l’algue fait de la photosynthèse, comme toute plante et transforme ainsi le CO2 en oxygène. Le corail étant un animal et non une plante (je te jure), il a besoin de cet oxygène pour vivre, qu’il transforme ensuite en CO2 lors de l’expiration.

L’algue et le corail forment aussi une bonne équipe quand il s’agit de trier les déchets (pas comme ton mec) : les déchets de l’algue se transforment en nutriments ingérés par le corail et vice versa. De cette façon, le corail peut subvenir à 80% de ses propres besoin (pas comme un ado. D’accord, j’arrête). Les 20% restant de son alimentation proviennent de zooplanctons et de larves de poissons recueillis grâce à ses tentacules.

1.3. Les autres types de coraux

La majorité des coraux sont installés dans des eaux tropicales à faible profondeur. Il existe entre 1 200 et 1 400 espèces de coraux tropicaux différentes. Mais d’autres coraux vivent également à différents endroits du monde : les coraux d’eaux froides situés à de grandes profondeurs ainsi que les coraux précieux, que l’on trouve au Japon et en Méditerranée.

Les coraux des eaux profondes et les coraux précieux, contrairement aux coraux tropicaux, ne vivent pas en symbiose avec une micro-algue. Ils doivent donc chasser l’entièreté de leur nourriture avec leurs tentacules (oooooh…). Mais ne t’inquiète pas, ils sont bien préparés pour cela (aaaaaah !) : lors de la chasse qui se déroule principalement la nuit, les polypes étirent leurs tentacules afin de percer et d’empoisonner leurs proies.

Nous pouvons voir sur cette vidéo un corail attaquer les coraux situés aux alentours à l’aide de ses tentacules.

La différence majeure entre les coraux tropicaux et les deux autres espèces est leur vitesse de croissance : en effet, la symbiose entre le corail tropical et la micro-algue lui permet de grandir bien plus rapidement que le corail d’eaux froides et le corail précieux. L’espèce tropicale gagne entre 1 et 20 cm par an (en fonction des espèces et conditions environnementales) tandis que le précieux et celui des eaux froides ne grandissent que de 2 à 5 mm par an (comme moi depuis l’âge de douze ans).

1.4. Le rôle du corail

Le corail a pour rôle de créer à lui seul tout un écosystème. Les récifs coralliens couvrent plus de 200 millions de km² et prennent des formes et surfaces très variables : plates-formes, récifs frangeants, barrières et atolls.

Depuis toujours, les coraux jouent un rôle primordial dans la biosphère, la formation rocheuse et plus récemment, dans la vie humaine.

Ils permettent aux poissons de se protéger des prédateurs et de s’y cacher afin de se faire soigner par d’autres congénères. Le corail est donc, en quelque sorte, un hôpital géant pour les poissons, crustacés et autres mollusques.

À gauche : un poisson-clown qui se cache après le retour prématuré d’un mari bodybuildeur.

1.5. La reproduction du corail

Période de pontes des coraux

Le corail se reproduit de deux façons : soit par bourgeonnement et dans ce cas les polypes restent liés entre eux, soit sexuellement en libérant des gamètes mâles et femelles dans le milieu.

La reproduction de manière sexuelle du corail ne se produit qu’une fois par an avec une libération massive et simultanée d’œufs et de spermatozoïdes afin d’augmenter les chances de fécondation. Cette reproduction annuelle se produit généralement après une pleine Lune, lorsque la température de l’eau atteint 27 °C, température qui permet la maturation sexuelle des coraux adultes.

Cependant, d’autres éléments doivent être également pris en compte comme la hauteur de la marée, la durée du jour et la quantité de sel présent dans l’eau.

2. Le blanchissement des coraux

2.1. La Grande Barrière de corail

Composée de 3 000 récifs différents, 600 îles tropicales, 300 bancs de corail, 1 500 espèces de poissons et 4 000 espèces de mollusques, la Grande Barrière de corail australienne est le plus grand système corallien et la plus grande structure vivante de la planète. Elle se situe dans l’océan Pacifique, au large du Queensland (Nord-Est de l’Australie) et s’étend sur 344 400 km², la rendant visible depuis l’espace.

Cette forteresse animale abrite une multitude d’espèces telle que des mollusques, des poissons-clowns (un de moins maintenant. Il faut dire qu’il était très mal caché), des tortues vertes, des crocodiles, plus de 130 espèces de requins ou encore de majestueuses baleines à bosse.

2.2. Le phénomène de blanchissement

Avant – Après : La Grande Barrière de corail

Le blanchissement que subissent les coraux est un phénomène de dépérissement provoqué par une hausse de la température de l’eau qui expulse la micro-algue contenue dans le corail, plante qui lui donne sa couleur et ses nutriments. Le corail peut se guérir de ce blanchissement si la température diminue rapidement mais, si la hausse se prolonge trop longtemps, le corail meurt et entraine avec lui la disparition de tout un écosystème.

Ce phénomène est dû au réchauffement climatique causé par la combustion de carburants fossiles tel que le charbon par exemple.

Le premier épisode de blanchissement des coraux avait été observé en 1998 sur la Grande Barrière australienne, mais le réchauffement de la planète accélère et aggrave ces phénomènes d’année en année. En 2016 et 2017, les deux épisodes de blanchissement les plus graves jamais enregistrés sur le site avaient été recensés au nord de cet écosystème. Ces cinq dernières années, la Grande Barrière de corail a subi trois grands phénomènes de blanchissement, décimant plus de la moitié des coraux.

2.3. Le projet de l’Unesco

Aujourd’hui, alerté par cette situation catastrophique provoquée par le réchauffement climatique, l’Unesco a pour projet de déplacer la Grande Barrière de corail sur la liste des sites « en danger » du Patrimoine Mondial de l’Unesco (patrimoine auquel elle est inscrite depuis 1981) dans le but de la préserver.

Mais il semblerait que le gouvernement australien ne soit pas de cet avis : malgré l’état d’urgence, le gouvernement continue de développer les ports de charbon, ce qui pollue davantage les eaux et détruit les coraux (sans parler de l’augmentation du trafic naval qui provoque des collisions avec les baleines présentes dans cette zone).

Je ne m’étends pas sur ce sujet car, d’après quelques recherches, la décision d’inscrire ou non la Grande Barrière sur la liste de sites en danger est plus une décision politique qu’écologique. Quand tu sais que ce site génère 69 000 emplois à temps plein et 4.8 milliards de dollars américains de revenus pour le secteur touristique australien chaque année, tu comprends pourquoi le gouvernement veut contrecarrer le projet de l’Unesco.

2.4. Une bonne nouvelle ?

Des scientifiques du Schmidt Ocean Institute, une fondation australienne œuvrant pour la recherche océanique, ont découvert un gigantesque récif corallien de 1.5 kilomètre de largeur et de 500 mètres de haut. Il s’agit du tout premier récif corallien isolé (détaché de la Grande Barrière) découvert au large de la côte Nord-Est de l’Australie.

La bonne nouvelle est que ce récif âgé de 20 millions d’années est en excellente santé ! En effet, il n’aurait, semble-t-il, pas souffert des grands événements de blanchissement de 2016 et 2017 subis par les coraux de la Grande Barrière.

Il y aurait donc encore de l’espoir pour la sauvegarde des récifs coralliens et de l’entièreté de l’écosystème qui les entoure.

3. Conclusion

En conclusion, le corail est un animal pluricellulaire composé de multiples polypes, une forme sédentaire qui lui permet de s’agripper à une surface et d’attraper des proies à l’aide des tentacules qui les composent. Les coraux hermatypiques cohabitent avec une micro-algue symbiotique appelée zooxanthelle, tandis que les coraux ahermatypiques ne cohabitent pas avec cette algue et doivent donc chasser l’entièreté de leur nourriture.

Il existe une multitude de coraux parmi lesquels se trouvent :

  1. Les coraux tropicaux, vivant à moins de 40 mètres de profondeurs
  2. Les coraux d’eaux profondes, vivant à des profondeurs parfois extrêmes
  3. Les coraux précieux, présents principalement au Japon et dans la Méditerranée.

Les coraux se reproduisent de deux manières différentes : par bourgeonnement ou sexuellement en libérant des gamètes mâles et femelles simultanément.

Le blanchissement du corail est un phénomène de dépérissement engendré par la hausse de la température de l’eau, elle-même provoquée par le réchauffement climatique. Ces trois dernières années, la Grande Barrière de corail a perdu plus de la moitié de ses coraux dû à ces épisodes de blanchissement.

Le corail a un rôle primordial dans la création et la préservation de tout un écosystème qui se crée autour de lui. Afin de le protéger, l’Unesco souhaite placer la Grande Barrière de corail sur la liste des sites « en danger » du Patrimoine Mondial de l’Unesco. Cependant, le gouvernement australien s’y oppose fortement, car ce dédale de récifs engendre près de 5 milliards de dollars chaque année et représente plus de 69 000 emplois pour les Australiens.

Cependant, tout ne semble pas perdu, car des chercheurs ont découvert un gigantesque récif corallien de plus de 20 millions d’années en parfaite santé situé au large de la côte Nord-Est de l’Australie et isolé de la Grande Barrière de corail.

4. La Note de Romy

Cet article sur les coraux est désormais terminé !

Ça faisait un bon bout de temps que je m’intéressais à ce sujet et j’ai été très heureuse d’en apprendre tant sur ces animaux qui sont trop souvent associés à des végétaux (les pauvres, sérieux).

Comme tu le sais, j’aime bien la mythologie et j’ai découvert une légende en écrivant cet article :

D’après la mythologie grecque, le corail serait né du sang de Méduse qui se serait écoulé dans la mer et aurait formé la Grande Barrière de corail lorsque Persée lui aurait tranché le cou. Il paraitrait également que Pégase (le cheval ailé) et Chrysaor (le guerrier à l’épée d’or), enfants de Poséidon, seraient tous les deux nés de la tête décapitée de Méduse.

Je suis tombée sur cette légende par pur hasard pendant ma documentation, mais je ne pouvais pas ne pas te la faire partager ! Méduse est vachement stylée quand-même. Même son sang est cool.

J’espère que mon article t’a plu et je te dis à bientôt sur Voix de Renard ! 😉

Romy

5. Bibliographie

2 commentaires sur “Le blanchissement des coraux

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  1. Super intéressant (j’y connais rien aux coraux même si je savais quand même que c’était des animaux lol), bien ecrit et cet humour !
    Cool le sang de Méduse et le rapport à la mythologie 😁

    Aimé par 2 personnes

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